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08 Jan

Les moments forts de la London Fashion Week

La Fashion Week de Londres a donné un premier avant-goût des tendances masculines automne-hiver 2020-2021 avant de s’exporter en Italie pour rejoindre la Milan Fashion Week du 10 au 14 janvier 2020.

La Fashion Week de Londres, consacrée aux collections homme automne/hiver 2020, qui s’est achevée lundi, a célébré le multiculturalisme à quelques semaines du Brexit. KastingKafé vous présente quelques moments forts.

Retour aux origines avec Grace Wales Bonner

Cette première Fashion Week de l’année 2020 nous a réservé de belles surprises. Nous avons voyagé en Iran, en Jamaïque et surtout vaincu le froid hivernal grâce à ces explosions de couleurs abordées dans chacune des collections.

À tout juste 29 ans, Grace Wales Bonner est l’une des créatrices londoniennes les plus prometteuses, explorant dans sa marque éponyme l’identité masculine noire avec des looks qui ont tapé dans l’oeil de célébrités. Notamment de Meghan Markle qui a porté une de ses créations lors de la présentation officielle de leur enfant.

Avec sa collection automne/hiver 2020 présentée dimanche soir à Londres lors de la Fashion Week masculine, Grace Wales Bonner fille d’un Jamaïcain et d’une Anglaise, a rendu hommage à ses origines, explorant la génération des Britanniques issue des Caraïbes vivant à Londres dans les années 1970.

Grace Wales Bonner a expliqué à l’AFP s’être amusée à « bousculer un peu » des matières british « très traditionnelles, très reconnaissables », avec par exemple des bonnets en laine Shetland aux couleurs de la Jamaïque.

« Je me suis intéressée à la façon dont les jeunes et les gens embrassent les traditions britanniques mais aussi construisent leurs identités et leurs liens avec les Caraïbes. C’est aussi une exploration du multiculturalisme au Royaume-Uni à cette époque ».

Défilé Grace Wales Bonner durant la Fashion Week de Londres.
  Les mannequins en coulisses se préparent pour le spectacle de Grace Wales Bonner au Lindley Hall à Londres. Photographie : Tabatha Pompier/Getty/BFC

Baptisée Lover’s rock, du nom d’un style de reggae romantique né dans la capitale britannique à cette époque, la collection s’inspire d’un reportage du photographe John Goto sur la communauté afro-caribéenne britannique gravitant autour d’un centre communautaire de Lewisham, dans le sud-est de Londres. Elle puise aussi dans l’histoire personnelle de la créatrice.

Ayant grandi entre Stockwell et Dulwich, dans le sud de Londres, « C’était en quelque sorte une collection inévitable pour moi. C’est comme si je revenais à la maison », a t-elle expliqué.

Voyage en Jamaïque avec Nicholas Daley

Diplômé comme elle de la prestigieuse école d’art londonienne Central Saint Martins, Nicholas Daley a lui aussi célébré ses origines jamaïcaines dans une collection dont les références vont du jazz expérimental à l’art abstrait.

Nicholas Daley a été marqué par les œuvres colorées de Frank Bowling, peintre abstrait britannique. Un artiste né au Guyana à qui le musée londonien de la Tate Modern a consacré une rétrospective l’été dernier. Une inspiration qu’on retrouve dans un poncho à capuche multicolore.

Nicholas Daley revisite le célèbre style emblématique de l’Écosse d’où il est aussi originaire. Chez lui les pantalons en tartan bleu ou rouge se portent avec des baskets Adidas noires adaptées aux pieds pour un look néo-bohème.

Mariage à l’iranienne à la London Fashion Week

Durant la London Fashion Week en 2018, Paria Farzaneh présentait sa première collection qui a retenu l’attention de la sphère mode. Entre Londres et Téhéran, elle s’inspire de la richesse de ses racines iraniennes et le bouillonnement de la capitale britannique. La créatrice a imaginé une collection masculine fusionnant son amour pour les deux cultures.

Pour dévoiler sa collection automne-hiver 2020-2021, la créatrice a transporté tout le public en Iran pour la célébration d’un mariage.

Les femmes placées d’un côté, les hommes de l’autre, pour assister à l’échange des voeux des jeunes mariés, en farsi. Le marié porte une veste à capuche qu’il zippe jusqu’aux yeux.

Défilé automne-hiver 2020-21 de Paria Farzaneh à la London Fashion Week masculine
Défilé automne-hiver 2020-21 de Paria Farzaneh à la London Fashion Week masculine (JOE MAHER/BFC / GETTY IMAGES EUROPE)

Pour les invités, on oublie le costume trois pièces. Cette collection streetwear en collaboration avec Gore-tex est waterproof, respirante et soucieuse de l’environnement. Le polyester et le nylon viennent de bouteilles en plastique ou de filets de pêche recyclés.

Des imprimés fleuris et délicats, signature de la styliste, bordent les manches de parkas kakis ou égaient des capuches d’anoraks.

L’étoile montante de la mode

C’est une « époque glam » pour le styliste Edward Crutchley, le talent à suivre depuis plusieurs Fashion Week. Sa collection tourne autour du thème de l’opulence et il n’hésite pas à aller à contre-courant avec en pièce maîtresse un volumineux manteau en vison.

Chapeaux triangulaires inspirés par les héréros, peuple de Namibie, épaules empruntant leurs formes aux robes traditionnelles philippines, pantalons de smoking ou chemises hawaïennes aux couleurs psychédéliques, la collection est un extravagant mélange des genres, célébration d’un monde sans frontières.

Une mode responsable

Beaucoup de stylistes s’attachent aujourd’hui à utiliser des matières recyclées ou des techniques respectueuses de l’environnement. C’est le cas de Bethany Williams qui double cet engagement d’une approche sociale. Bethany Williams a travaillé cette collection automne/hiver avec l’association The Magpie Project qui aide mères et enfants sans abri.

The Magpie Projet

« Cette organisation soutient les femmes et les enfants de moins de cinq ans dans des logements temporaires. On leur fournit un endroit sûr pour que les enfants puissent jouer, ainsi que des vêtements et de la nourriture et un accès aux services juridiques.

J’ai travaillé avec Melissa Kitty Jarram, une illustratrice qui est une amie ; elle est venue à Magpie et a fait des illustrations sur le lien féminin entre la mère et l’enfant. »

Une collection arborant des manteaux aux manches extra longues dotées de franges au col, salopettes multi-matières : ici le vêtement se porte extra large et les couleurs explosent.

Nouvelle collection de la créatrice Bethany Williams
Nouvelle collection de la créatrice Bethany Williams en collaboration avec The Magpie Project / photo Vogue
Défilé automne-hiver 2020-21 de Bethany Williams à la London
Défilé automne-hiver 2020-21 de Bethany Williams à la London Fashion Week masculine, janvier 2020 (ISABEL INFANTES / MAXPPP)

Une mode responsable, écologique, engagée qu’on retrouve de plus en plus sur les défilés et qui avait déjà fait parlé d’elle lors de la Paris Fashion Week en septembre dernier.

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